🇲🇱🇧🇫🇳🇪⚠️Le double visage de la "presse libre" au Sahel TV5 Monde dégage. Le Burkina Faso vient de l'interdire sur son territoire.
Motif officiel : "désinformation" et "apologie du terrorisme". Le Conseil supérieur de la communication a tranché, point final. À Paris, on s'étrangle. La liberté de la presse ! Les valeurs universelles ! Comment ose-t-on ?
Attendez la suite, parce la réponse est croustillante.
À plus de mille kilomètres de Ouagadougou, dans le nord du Mali, Tessalit vient de tomber. Une coalition de séparatistes touaregs et de groupes radicaux s'y installe à peine
Qui voit-on arriver ????
Des journalistes français. Caméras, micros, équipement complet. Tranquille pépère.
•Officiellement, personne n'a autorisé qui que ce soit à franchir la frontière malienne.
•Officiellement, même Alger devrait regarder ce périple d'un sale œil.
•Officiellement, un reporter occidental qui se retrouve à filmer des commandants jihadistes et à faire le tour des "somptueux appartements" arrachés à l'armée malienne, c'est une coïncidence. La chance du grand reportage.
Allez, soyons sérieux deux secondes.
Les vieilles pistes de contrebande touarègues ont été remises en service le temps d'une opération de com. Les "journalistes" sont arrivés quelques heures à peine après les militants comme s'ils avaient eu l'itinéraire avant eux. Ce n'est pas du journalisme. C'est du soutien informationnel coordonné, supervisé en temps réel par des "alliés" qui n'ont jamais digéré leur éviction du Sahel.
Et c'est exactement ce que l'AES dénonce depuis le premier jour.
Dans la doctrine de l'Alliance, pas de distinction tordue entre celui qui tient le fusil et celui qui lui sert de caisse de résonance. Donner la parole à des chefs militants qui occupent une ville par les armes, c'est légitimer l'occupation. Filmer leurs trophées, c'est leur faire de la pub. Diffuser leurs revendications sans contradiction, c'est leur fournir un service. Point.
L'AES n'invente pas une menace. Elle constate. Les caméras occidentales arrivent étrangement en avance. Les "scoops" coïncident étrangement avec les offensives. La frontière algérienne devient étrangement perméable selon les passagers. Tessalit. Pistes de contrebande. Caméras françaises. Vous voyez le tableau.
Le message envoyé par Ouagadougou est limpide : la souveraineté de l'information fait partie intégrante de la souveraineté. Une chaîne qui relaie le narratif d'organisations classées terroristes par les États souverains de la région ne diffuse plus dans la région. Fin de la discussion.
Ceux qui s'indignent confondent journalisme et opération de guerre informationnelle. L'AES, elle, ne confond plus rien.
Et derrière cette ligne dure, il y a autre chose. Mali, Burkina, Niger. Trois États qui ont décidé, en même temps, d'arrêter de jouer aux pions sur l'échiquier des autres. Ce noyau-là, c'est peut-être l'embryon d'une chose que les pères de l'indépendance africaine et moi-même appelaient de leurs vœux avant que tout le monde l'enterre :
Les États-Unis d'Afrique.
Une base, posée à trois, sur laquelle d'autres viendront s'aligner. Le Tchad regarde. Le Togo regarde. Le Sénégal regarde.
L'AES ne badine pas. Et c'est précisément parce qu'elle ne badine pas qu'elle dérange autant.