Сегодня день рождения греческого поэта, которого я очень люблю, Константиноса Кавафиса. Одно из его самых известных стихотворений - Ожидая варваров. Я его знаю наизусть, но на греческом языке. Это, конечно, мало кому здесь интересно, а вот переводом на французский я очень хочу с вами поделиться, потому что это гениально! По ссылке можно послушать текст - очень хорошее исполнение, на мой взгляд.
https://m.youtube.com/watch?v=nSXsn_4G_aE
А в комментарии добавлю перевод на русский язык.
- Pourquoi nous être ainsi rassemblés sur la place ? Il paraît que les barbares doivent arriver aujourd’hui.
- Et pourquoi le Sénat ne fait-il donc rien ? Qu’attendent les sénateurs pour édicter des lois ? C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui.
Quelles lois pourraient bien faire les Sénateurs ? Les barbares, quand ils seront là, dicteront les lois.
- Pourquoi notre empereur s’est-il si tôt levé, et s’est-il installé, aux portes de la ville, sur son trône, en grande pompe, et ceint de sa couronne ? C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui. Et l’empereur attend leur chef pour le recevoir. Il a même préparé un parchemin à lui remettre, où il le gratifie de maints titres et appellations.
- Pourquoi nos deux consuls et les préteurs arborent-ils aujourd’hui les chamarrures de leurs toges pourpres ; pourquoi ont-ils mis des bracelets tout incrustés d’améthystes et des bagues aux superbes émeraudes taillées ; pourquoi prendre aujourd’hui leurs cannes de cérémonie aux magnifiques ciselures d’or et d’argent ? C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui ; et de pareilles choses éblouissent les barbares.
-Et pourquoi nos dignes rhéteurs ne viennent-ils pas, comme d’habitude, faire des commentaires, donner leur point de vue ? C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui ; et ils n’ont aucun goût pour les belles phrases et les discours.
- D’où vient, tout à coup cette inquiétude et cette confusion (les visages, comme ils sont devenus graves !) Pourquoi les rues, les places, se vident-elles si vite, et tous rentrent-ils chez eux, l’air soucieux ? C’est que la nuit tombe et que les barbares ne sont pas arrivés. Certains même, de retour des frontières, assurent qu’il n’y a plus de barbares.
Et maintenant qu’allons-nous devenir, sans barbares ? Ces gens-là, en un sens apportaient une solution.
Traduction française de Dominique Grandmont, "En attendant les barbares et autres poèmes", Gallimard.