Lors du rassemblement de soutien, des camarades ont fait une lecture collective de la lettre « La hutte des classes maraîchines » adressée à Julien Le Guet, à l'occasion de son procès. Elle rappelle que ce qui se joue aujourd’hui dans le Marais poitevin est le résultat d’un long processus d’arrachement et de dépossession, mené au nom du progrès et du pouvoir des " gros sur les petits ". Les mégabassines en représentent l’un des derniers gestes, conduisant à la destruction progressive d’une culture méprisée : celle des paysans et paysannes, ainsi que des liens tissés avec leurs milieux.
- Une forte solidarité
Tout le long de la journée, les nombreuses personnes présentes, d'organisations militantes, syndicales, politiques, associatives et collectifs en lutte comme les élus écologistes du 17e arrondissement de Paris, La France insoumise, FSU, la CGT, l'Union syndicale Solidaires, Scientifiques en Rébellion, le Mouvement de Soutien aux http://Défenseur.es/ de l'Environnement (MSDE) , la Coordination Eau-île-de-France, les camarades luttant contre le mega-canal l'artificialisation des terres de Saclay et de Gonesses, ainsi que les multiples messages et marques de soutien ont réaffirmé leur solidarité avec Julien Le Guet, et plus largement avec toutes celles et ceux poursuivi-es pour leur engagement contre les méga-bassines et pour la défense du vivant.
Ce rassemblement a aussi permis d'exprimer un total soutien à nos camarades Inculpé-es du 8.12 qui subissent depuis maintenant plus de 5 ans une criminalisation de leurs engagements politiques. Accusé-es d'association de malfaiteurs terroriste, après un mois de procès, la justice a conclu qu’il n’y avait pas de groupe, pas de projet, pas de cible, mais qu’il subsiste des « intentions supposées ». Une criminalisation orchestrée pour réprimer toute opposition politique, qui doit aujourd'hui être dénoncée pour permettre la relaxe des Inculpé-es.
# Faits marquants lors du procès et réquisitions du parquet
Mme Dubée était présente et a tenté, tout au long de son témoignage, de se dédouaner des responsabilités politiques et opérationnelles qui étaient les siennes, en affirmant avoir fait son possible pour organiser les secours de manière convenable. Pourtant, elle faisait bien partie de la chaîne de commandement ayant organisé le dispositif exceptionnel de maintien de l’ordre déployé à Sainte-Soline. Rappelons que près de 1700 gendarmes étaient mobilisés autour de la bassine, et que la majorité des escadrons présents ont procédé à des tirs tendus de grenades pourtant interdits et potentiellement mortels.
L’avocat de la défense a quant à lui rappelé que d’autres doctrines de maintien de l’ordre existent ailleurs en Europe, notamment en Allemagne, où les choix policiers opérés à Sainte-Soline seraient inconcevables. Il a insisté sur la nécessité de replacer les propos poursuivis dans le contexte d’une violence policière exceptionnelle et d’une mobilisation de grande ampleur. Il a également rappelé que la jurisprudence admet, dans le cadre du débat politique et militant, une plus grande tolérance envers des propos relevant de l’injure ou de la diffamation lorsqu’ils participent d’un débat d’intérêt public.
Le procureur, de son côté, a estimé que les propos relevaient bien de la diffamation et qu’une condamnation de Julien Le Guet était possible.
Le jugement a été mis en délibéré au 2 juillet à 13h30 dans ce même tribunal.
# La mobilisation continue !
Face à la répression et aux tentatives d'étouffer les résistances, nous continuerons à nous organiser, à nous soutenir et à défendre collectivement l’eau, le vivant et les libertés fondamentales.
D'autres rendez-vous judiciaires sont à venir, mobilisons-nous !