#Maudite_par_le_ventre
#Chapitre_3
Je descendis du taxi juste devant l’entrée du cabaret. Le ciel s’était teinté d’orange foncé, et les néons du bâtiment clignotaient comme des yeux fatigués.
Quentin était déjà là. Il m’attendait à une table en retrait, dos au mur, comme toujours. Il portait une chemise noire, ouverte au col. Je reconnus aussitôt son parfum, ce mélange subtil de cuir, de bois sec et de menthe. Je l’adorais, ce parfum. Il me calmait. Il m’envahissait.
— Ma princesse est arrivée, dit-il en se levant pour m’embrasser doucement sur le front. Tu es ravissante ce soir.
Je souris timidement. Il me tira la chaise, et je m’assis.
— Tu veux boire quoi ?
— Juste un jus. Ananas, s’il y a.
— Parfait, une fille raisonnable.
Il fit signe au serveur. Je n’avais pas besoin de parler, il s’occupait de tout. Il avait cette manière de me mettre à l’aise sans jamais me laisser vraiment tranquille. Il plaisantait, me racontait des anecdotes, riait fort parfois. J’aimais cette légèreté. Cette sensation de m’échapper du monde, d’exister à part.
Puis, lentement, presque naturellement, ses gestes changèrent. Il posa sa main sur ma cuisse, doucement. Comme s’il testait quelque chose.
Je ne bougeai pas.
Il glissa ses doigts contre ma nuque, effleura mes cheveux, puis mes épaules. De temps en temps, il effleurait le haut de ma poitrine, comme par accident. Mais ce n’était pas un accident.
Curieusement, je ne résistais pas. Mon corps était calme. Ou paralysé, je ne savais plus. Ce n’était pas de la peur. C’était… un vertige. Une confusion.
— Tu sais, Cindy… je me sens bien avec toi. Détendu. Vivant. Comme si j’avais retrouvé quelque chose que j’avais perdu il y a longtemps.
Je ne savais pas quoi répondre. Je baissai les yeux. Ma boisson était déjà trop glacée #.
— Tu m’écoutes ?
— Oui papa…
Il sourit.
— Tu n’es plus une petite fille. Et tu mérites le meilleur. Pas seulement les cadeaux… mais aussi l’attention. Le respect. La tendresse.
Je hochai la tête, doucement. Il n’y avait plus de musique autour. Ou peut-être que je ne l’entendais plus.
— Et si on allait se reposer un peu ?
— d’accord allons-y .
Et je me levai. Je le suivis sans poser de question, sans même réfléchir. Il avait réservé la chambre la plus luxueuse de l’hôtel, juste à l’étage du cabaret. Quand la porte s’ouvrit, j’eus un instant d’arrêt.
La pièce était vaste, baignée de lumière dorée. Rideaux lourds, lit immense, draps blancs repassés, miroir mural, sol moelleux… Je n’avais jamais mis les pieds dans un endroit pareil. C’était comme entrer dans un rêve climatisé.
Il m’observait, amusé. Je sortis mon téléphone et pris deux, trois photos en vitesse.
— Humm... tes copines vont finir par t’envier, hein, lança-t-il en souriant.
— Oui… et je m’en fous, répondis-je avec un petit rire. Je fais ce que je veux.
Il s’approcha lentement et glissa ses mains sur mes hanches. Son geste était sûr, assumé, mais doux. J’étais collée à lui. Son parfum, chaud et sensuel, me brûlait les narines. Je respirais son odeur comme un souffle interdit. Face à lui, j’avais cette sensation étrange… un frisson dans la colonne, une faiblesse dans les jambes. J’étais encore debout, mais intérieurement, tout vacillait.
Quentin, bien qu’un peu plus âgé, restait un très bel homme. Et il le savait.
— Cindy…, dit-il d’une voix plus basse. Je ressens quelque chose pour toi. Depuis un moment déjà. Et j’ai très envie de t’embrasser. Je peux ?
Je le regardai, un instant figée. Puis je souris. Et j’hochai la tête. Il posa ses lèvres sur les miennes. Lentement. Avec une tendresse presque insolente. Ce fut doux. Chaud. Vaporeux. C’était la première fois que j’embrassais un homme de cette façon. Pas une gifle d’envie. Une fusion. Une offrande. Et moi, je ne résistai pas. Au contraire. Je répondis à son baiser avec la maladresse douce des premières fois… et l’intensité de celles qui n’ont plus peur.
Ses mains, pendant ce temps, avaient commencé à explorer.