Alors que ses promoteurs prétendent encore que le nucléaire serait un moyen fiable de produire de l'électricité, les évènements démontrent clairement que ce n'est pas ou plus le cas.
Ainsi, en cet été 2026 qui est unanimement décrit comme caniculaire mais qui sera sous peu considéré comme en fait très ordinaire, divers pays nucléarisés sont obligés de baisser la puissance de leurs réacteurs nucléaires voire de les arrêter.
Il n'est ainsi pas du tout anecdotique de noter que trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) ont dû être arrêtés en urgence le 11 août de par l'aspiration, dans les circuits de refroidissements, de milliers de méduses.
En effet, ces malheureux organismes - impitoyablement broyés par EDF - se démultiplient sous l'effet du réchauffement des océans : cet évènement, qui s'était déjà produit au même endroit un an auparavant jour pour jour, est donc appelé à se reproduire de plus en plus souvent.
Par ailleurs, sous l'effet de la chaleur, l'eau de divers fleuves et rivières - Danube, Rhône, Meuse, Moselle, Garonne, etc - est trop chaude ou bien son débit est trop faible pour pouvoir refroidir correctement les réacteurs.
Parfois, il s'agit "seulement" de respecter les normes environnementales car, peu de gens le savent encore, les centrales nucléaires rejettent dans les rivières et les océans des quantités massives de produits chimiques et radioactifs, le tout dans une eau réchauffée qui menace la faune et la flore.
Tous ces produits très polluants - alors que le nucléaire est souvent présenté comme une énergie "propre" ! - se diluent d'autant moins que le débit est faible.
Les autorités de sûreté, à commencer par la très indulgente ASNR française, accordent aux exploitants toutes les dérogations qu'ils exigent mais, lorsque l'eau vient ou viendra à manquer, même les décrets les plus complaisants seront inopérants.
Nous conseillons d'ailleurs de surveiller attentivement le débit de la Loire, ramené par endroits à un filet d'eau. Ce sont quatre centrales - Belleville, Dampierre, Saint-Laurent et Chinon - qui sont en sursis. Les dirigeants d'EDF prient pour l'arrivée de pluies miraculeuses mais, même si c'est le cas cette année, le miracle ne se reproduira pas tous les ans.
La vérité est en effet que le réchauffement du climat condamne irrémédiablement le fonctionnement des 38 réacteurs français situés en bord de rivières. Quant aux 19 autres, situés en bord de mer ou d'estuaire, c'est le risque de submersion qui les menace de plus en plus au fur et à mesure de la montée du niveau des océans causée par le réchauffement.
Nous en avons déjà eu un petit aperçu dans la nuit du 27 au 28 décembre 1999 lorsque la centrale girondine du Blayais a été gravement inondée et a frôlé, douze ans à l'avance, le scenario dramatique survenu en 2011 à Fukushima (Japon).
Pourtant, bien que totalement déconsidéré et finissant, le pouvoir macronien tente, avec la complicité de la direction d'EDF, de rendre irréversible le lancement d'un programme de nouveaux réacteurs : les fameux EPR2, quasi identiques à l'EPR qu'EDF ne parvient toujours pas à faire fonctionner à Flamanville... alors que cela devait être théoriquement le cas dès 2012 !
Le problème n'est pas seulement l'incapacité d'EDF - démontrée sur plusieurs chantiers en France et en Angleterre - à construire ses propres réacteurs, et le financement injustifiable de ces projets par le "vol" délibéré de l'argent du Livret A, pourtant prévu pour le logement social.
Le problème est que, si par extraordinaire EDF retrouve la notice et parvient à construire correctement des réacteurs, ces derniers commenceront à fonctionner dans les années 2040 et 2050.
MM Macron, Lecornu et Fontana (le Pdg d'EDF) vont-il expliquer aux gens qui crèvent de chaleur désormais tous les étés, que la situation pourrait s'améliorer dans 25 ou 30 ans ?